La crise du coronavirus nous rappelle l’impact d’un virus
sur une société sans vaccins

par Brecht Vanneste, Managing Director de MSD Belgique & Luxembourg

Plus de 140.000 décès dans le monde, environ 4,4 milliards de personnes confinées et une crise économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Le coronavirus bouleverse notre planète, malgré de nombreux efforts sur le plan médical. Un virus mortel nous contraint tous aujourd’hui à devoir rester à la maison.

Ce n'est pourtant pas la première fois que nous sommes confrontés à un virus mortel.
Edward Jenner, ce nom ne vous dit sûrement rien. Pourtant, il a sauvé de nombreuses vies grâce à sa découverte : le vaccin contre la variole. Ce fut l'une des maladies virales les plus mortelles que l'humanité ait jamais connue (à ne pas confondre avec la varicelle). En moyenne, 3 personnes sur 10 qui ont contracté la variole en sont mortes. Ceux qui ont survécu ont souvent gardé d’importantes cicatrices1. Rien qu'au 20e siècle, le virus a tué plus de 300 millions de personnes. Et dans les années 60 et 70, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mené une campagne de vaccination mondiale qui a complètement éradiqué le virus2.

Aujourd’hui, grâce à la vaccination, d'autres maladies infectieuses graves telles que la polio, la rougeole, la coqueluche et les oreillons ont également été fortement contenues. Avec un effet délétère inattendu : les vaccins sont devenus victimes de leurs propres succès. La plupart des gens n’ont jamais entendu parler de la variole, et encore moins des vaccins qui ont permis de contenir ces maladies il y a un demi-siècle. Il est devenu de plus en plus difficile d’imaginer à quoi ressemblait le monde avant que la vaccination soit rendue possible...

Cette ‘amnésie collective’ a conduit à la naissance de mouvements qui remettent en cause le rôle des vaccins. L’OMS a ainsi classé ces doutes envers la vaccination dans le top 10 des plus grandes menaces pour la santé. Mais maintenant que le coronavirus s’est abattu sur nous et met la planète entière à l’arrêt, la vaccination reprend du galon.

Ce que tout le monde attend en ce moment, c’est bien un Edward Jenner de notre époque : un vaccin qui nous protège contre le COVID-19. Mais un vaccin ne se fait pas en un jour! Il est soumis à des processus rigoureux, complexes et longs. Le développement d'un nouveau vaccin prend en moyenne 10 ans . Le temps de production d'un vaccin peut prendre 2 ans ou plus, dont 70% du temps sont consacrés à des contrôles de la qualité. Pour mettre en place une nouvelle installation de production complète et obtenir une licence, il faut compter en moyenne 5 à 10 ans3.

Heureusement, en situation d’urgence, le processus peut être accéléré, comme ce fut le cas avec le vaccin contre le virus Ebola auquel MSD a contribué. Il peut aussi l'être dans la crise actuelle du corona. Un vaccin contre le coronavirus devrait être disponible dans 18 mois. Peut-être moins, peut-être plus. Il reste impératif de ne sauter aucune étape dans cette situation d’urgence et de suffisamment tester de manière adéquate la sécurité et l'efficacité des différents vaccins en cours de développement.

La crise du coronavirus conduit à une prise de conscience des dangers des maladies infectieuses. Profitons-en pour promouvoir davantage la confiance envers la vaccination et collaborer avec tous les acteurs de la santé du pays à la réévaluation de mesures préventives telles que la vaccination. N'oublions pas demain les héros d'aujourd'hui.

Références

Brecht Vanneste

AVP Managing Director MSD Belgium & Luxembourg